5 questions que chaque notaire devrait poser à son IA avant de lui faire confiance
Votre IA cite le Code civil, mais peut-elle vous montrer l'article ? Cinq questions essentielles pour évaluer la fiabilité d'un outil IA dans votre pratique notariale.
L'équipe
Mentor AI Notaire

Le problème n’est pas l’IA. C’est la confiance aveugle.
L’IA est arrivée dans les cabinets de notaires. Que ce soit officiellement ou par la porte de côté — un technicien qui utilise ChatGPT, un notaire qui teste Gemini — les outils sont là.
Le vrai risque n’est pas d’utiliser l’IA. C’est de lui faire confiance sans lui poser les bonnes questions.
Voici cinq questions que tout notaire devrait poser avant d’intégrer un outil IA dans sa pratique. Des questions simples, mais dont les réponses révèlent tout.
1. « D’où vient cette information ? »
C’est la question la plus fondamentale. Et la plus révélatrice.
Quand vous posez une question juridique à ChatGPT, il vous répond avec assurance. « Selon l’article 1726 du Code civil du Québec… » Ça a l’air solide. Mais d’où vient réellement cette information ? Le modèle a-t-il lu l’article 1726 ? Ou l’a-t-il reconstitué à partir de textes vus pendant son entraînement ?
La différence est critique. Une source reconstruite de mémoire, c’est comme un collègue qui cite un article « de mémoire » — parfois c’est exact, parfois c’est le mauvais article, et parfois l’article n’existe tout simplement pas.
Un outil IA fiable doit pouvoir répondre : « Cette information vient du document X, section Y, que j’ai consulté dans notre base de connaissances. » Pas « j’ai appris ça pendant mon entraînement. »
Le test : Demandez à votre IA une information précise sur le droit notarial. Si elle ne peut pas nommer la source exacte — titre du document, article de loi, règlement — c’est un signal d’alarme.
2. « Puis-je voir le document original ? »
Cette question va un cran plus loin. L’IA cite une source ? Parfait. Mais pouvez-vous cliquer dessus et lire le document ?
C’est ce qu’on appelle la chaîne de confiance : pas de preuve, pas d’affirmation. Si l’IA vous dit que le certificat de localisation doit avoir moins de 10 ans, vous devriez pouvoir vérifier cette affirmation en consultant directement la source citée — un guide de la Chambre des notaires, un article du Code civil, un règlement.
Dans la pratique, beaucoup d’outils IA citent des sources… qui n’existent pas. C’est le phénomène des hallucinations : l’IA invente une référence plausible pour donner l’impression de rigueur.
Un outil sérieux ne cite que ce qu’il peut montrer. Si la source n’est pas vérifiable, elle n’apparaît pas. C’est plus honnête qu’une fausse citation qui donne une illusion de crédibilité.
Le test : Demandez à votre IA de vous montrer le document qu’elle cite. Si elle ne peut pas — ou si le lien mène à une page inexistante — vous savez à quoi vous en tenir.
3. « Où sont stockées mes données ? »
Vous êtes dépositaire du secret professionnel. La Chambre des notaires va poser cette question — et vous devez avoir une réponse claire.
Quand vous soumettez un document à une IA, ce document transite quelque part. Où ? Sur un serveur à Montréal ? À San Francisco ? En Irlande ? Est-ce que le fournisseur utilise vos données pour entraîner son modèle ?
Avec ChatGPT (OpenAI), vos données transitent par les États-Unis. Avec Gemini (Google), même chose. La Loi 25 du Québec impose des obligations strictes sur la protection des renseignements personnels — et le transfert de données hors du Canada est un sujet sensible.
Ce que vous devriez exiger :
- Hébergement au Canada (idéalement au Québec)
- Données jamais utilisées pour l’entraînement du modèle
- Chiffrement en transit et au repos
- Traçabilité des accès
Le test : Demandez à votre fournisseur IA : « Où sont mes données, qui y a accès, et est-ce que vous les utilisez pour entraîner votre modèle ? » Toute réponse vague est un drapeau rouge.
4. « Que se passe-t-il quand tu te trompes ? »
Toute IA se trompe. La question n’est pas « est-ce que tu fais des erreurs ? » mais « comment tu gères tes erreurs ? »
Un outil IA peu fiable se trompe avec la même assurance qu’il a raison. Il vous dira « l’article 1726 dispose que… » avec la même confiance, que l’information soit correcte ou inventée. C’est le problème le plus dangereux de l’IA générative : les erreurs ressemblent aux bonnes réponses.
Un outil fiable devrait :
- Admettre ses limites. « Je n’ai pas trouvé tous les détails sur ce point, mais voici ce que je peux confirmer… »
- Distinguer le certain du probable. Différencier une information sourcée d’une inférence.
- Ne pas inventer pour combler un vide. Mieux vaut une réponse partielle qu’une réponse fausse complète.
Dans le notariat, une erreur de vérification a un coût réel — responsabilité professionnelle, réclamation, atteinte à la réputation. L’IA qui dit « je ne sais pas » vaut infiniment plus que celle qui invente avec assurance.
Le test : Posez une question piège à votre IA — un sujet obscur ou une situation qui n’a pas de réponse claire. L’IA admet-elle ses limites, ou invente-t-elle une réponse détaillée ?
5. « Est-ce que tu connais la pratique notariale québécoise ? »
Cette question semble évidente. Elle ne l’est pas.
ChatGPT connaît le droit notarial français, un peu le droit québécois, et mélange souvent les deux. Il va parler de « notaire » mais avec un cadre de référence français — le Code civil français, les barèmes de l’immobilier en France, les procédures hexagonales.
Le notariat québécois a ses propres règles :
- La Chambre des notaires du Québec (CNQ) et ses règlements
- Le Code civil du Québec (pas le Code Napoléon)
- Le Registre foncier québécois
- Les droits de mutation (pas les « frais de notaire » à la française)
- La Loi sur la publicité foncière
Un outil IA générique ne fait pas la différence entre un certificat de localisation québécois et un diagnostic immobilier français. Il ne connaît pas la différence entre un collègue virtuel et un chatbot — et cette différence est fondamentale pour un notaire qui traite 50 dossiers par mois.
Le test : Demandez à votre IA la différence entre garantie légale et vente sans garantie au Québec. Si elle vous répond avec des concepts français ou des généralités, elle ne connaît pas votre pratique.
La bonne nouvelle
Ces cinq questions ne sont pas un piège. Ce sont des critères. Et des outils existent qui y répondent.
Un outil IA construit spécifiquement pour le notariat québécois — qui cite ses sources, montre les documents originaux, héberge les données au Canada, admet ses limites, et connaît la pratique — ce n’est plus de la science-fiction. C’est ce que des cabinets utilisent déjà.
La question n’est pas « faut-il utiliser l’IA ? » — les pénuries de techniciens juridiques et la fracture numérique entre cabinets rendent la question obsolète. La question est : quelle IA mérite votre confiance ?
Posez ces cinq questions. Les réponses parleront d’elles-mêmes.
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